Mémorial de noms égrenés chaque aube
Mahsa, Hadis, Neda, Navid, Sohrab…
Pierres volcaniques
Échos de terres cataclysmiques
Et cette histoire n’est pas nouvelle
Chant de vie auquel
répond un essaim de plombs
Chant de femmes auquel
répond la horde d’acier
Mais nouvelle est la réponse des hommes libres
L’écoute de l’étrangère à la gorge pareillement serrée
La réponse de l’étrangère à l’étreinte de soeur
Non pas nouvelles les processions et les clameurs
Non pas nouvelle la douleur de nos deuils
Plus profonde seulement, plus universelle
Non pas nouvelle la douleur
Mais nouvelle la renommée des Reyhaneh, Vaniar, Jina, Pouya,
Ghazaleh…
Nouvelle la réponse des hommes libres
Nouvelles leurs gorges déployées pour rire des ténèbres
Nouvelle la naissance de ce chant de vie
Nouvelle cette marche commune des peuples
Nouvelle l’ébriété de l’instant d’espérance face à la horde de plomb
Et à l’orée de la vie
Nouvelles nos voix qui énumèrent nos filles, nos peurs,
nos baisers amers, nos danses
interrompues, nos lyres que l’on brise
Nos enfants de rue qui de l’espoir ne connaissent pas même le nom
Nos arbres meurtris, nos larmes inopinées
Nos danses qui se poursuivent
Et notre à venir Vie
Notre à venir Femme
Notre à venir Liberté
Sepideh Farkhondeh
nuit du 29 au 30 septembre 2022.


